Conseil national du PS : opération coup de poing des salariés de PSA Aulnay

Jean-Marc Ayrault et les dirigeants socialistes, réunis samedi à Paris pour un Conseil national du PS, ont été confrontés, en "live", à une nouvelle illustration de la crise qu'affronte le gouvernement, avec l'irruption dans la réunion d'une cinquantaine de salariés de l'usine PSA d'Aulnay, menacée de fermeture.

Ce Conseil national, qui rassemble quelque 300 cadres du PS, s'est ouvert dans un contexte marqué par l'affaire Cahuzac, une bombe politique qui a profondément marqué et choqué les militants, et quelques jours après les propos anti-austérité de plusieurs ministres, dont Arnaud Montebourg (Redressement productif), et Cécile Duflot (Logement).
  
Le Premier ministre venait juste d'achever son discours lorsque une cinquantaine d'ouvriers de l'usine PSA sont entrés dans la salle en clamant "le changement, c'est maintenant". M. Ayrault s'est éclipsé. Le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a lui décidé de leur accorder la parole pendant une dizaine de minutes.  

Les responsables politiques apostrophés

C'est le représentant CGT de l'usine, Jean-Pierre Mercier, qui s'est exprimé à la tribune, devant plusieurs ministres et le conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle. "On est venu ici pour vous demander qu'on obtienne une bonne fois pour toutes ce médiateur, qui puisse mettre le poids du pouvoir politique, du gouvernement dans la balance", a déclaré le dirigeant syndical.
  
Prenant à partie les ministres présents, comme Stéphane Le Foll, François Lamy ou Najat Vallaud-Belkacem, le représentant CGT leur a lancé : "vous avez vos menteurs, vos Cahuzac, nous on a M. (Philippe) Varin", le président de PSA, accusé de "mentir" aux ouvriers "depuis un an et demi".
  
Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a lui aussi été apostrophé. "Vous connaissez dans le Doubs la famille Peugeot, vous pouvez avoir un poids vis-à-vis d'eux", a demandé M. Mercier au ministre, élu de ce département.
  
Des représentants de ces salariés ont dans la foulée été reçus par M. Désir. "Même si on désapprouve l'intrusion, il est tout à fait indispensable pour le PS de maintenir le dialogue avec les travailleurs car nous sommes le parti des droits des travailleurs", a assuré un membre de la direction.


Des salariés de PSA Aulnay interrompent le... par BFMTV

Plaidoyer

Avant cette "irruption du réel", ce "choc du social", selon les termes d'Emmanuel Maurel (aile gauche du PS), Jean-Marc Ayrault avait livré un plaidoyer en faveur de sa politique économique, contestée ces derniers jours par des ministres de son gouvernement.
  
Devant le parlement du PS, le Premier ministre a cherché à clore une fois pour toutes le débat ouvert ces derniers jours par Arnaud Montebourg, Cécile Duflot ou Benoît Hamon. "J'entends que ce ne serait pas assez mais ce n'est jamais assez ! Qui peut-croire que c'est assez quand tant de femmes et d'hommes cherchent du travail ?", a reconnu M. Ayrault. "A tout prendre, entre le confort de la contestation et le risque de l'action, je choisis l'action", a toutefois expliqué M. Ayrault, inscrivant son action dans la lignée du Front populaire, de François Mitterrand et Lionel Jospin.
  
Il a ainsi justifié sa politique de réduction des déficits. Mais, a-t-il prévenu, il ne "sera pas le Premier ministre du tournant de l'austérité". Selon lui, c'est à l'échelle de l'Europe que la recherche de la croissance peut être menée. "Ayons un monde d'avance !" a lancé le chef du gouvernement, appelant "les peuples" européens à se mobiliser contre "les gouvernements les plus conservateurs".
  
M. Ayrault a aussi cherché à battre en brèche le soupçon de "faiblesse" du gouvernement, alimenté selon lui par la droite et des "unes de magazines qui font vendre". "Quel est ce pouvoir si faible qui affronte le pouvoir de l'argent (...) qui tient tête aux puissants en limitant les rémunérations, en envoyant nos soldats au Mali ?" a-t-il fait valoir. "Ce gouvernement, c'est le gouvernement de la gauche et comme à chaque fois, rien ne nous sera épargné parce que nous bousculons les privilèges", a estimé M. Ayrault.

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Jean-Marc Ayrault et les dirigeants socialistes, réunis samedi à Paris pour un Conseil national du PS, ont été confrontés, en "live", à une nouvelle illustration de la crise qu'affronte le gouvernement, avec l'irruption dans la réunion d'une cinquantaine de salariés de l'usine PSA d'Aulnay, menacée de fermeture.
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2013-04-13 12:43:00