Cinq ans de prison ferme requis en appel contre Jérôme Kerviel

L'accusation a requis mercredi une peine de cinq ans de prison ferme contre l'ancien trader Jérôme Kerviel, rejugé depuis le 4 juin pour une perte record début 2008 à la Société Générale. En première instance, en 2010, le procureur avait requis contre lui cinq ans de prison dont quatre ferme. Le jeune homme de 35 ans avait alors été condamné à cinq ans dont trois ferme, ainsi qu'à 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts, montant de la perte dont il avait été jugé responsable. Le procès s'achèvera jeudi avec la plaidoirie de la défense, conduite par Me David Koubbi. La cour mettra sa décision en délibéré.

Jérôme Kerviel à son arrivée au tribunal de Paris, le 4 juin 2012
Crédit : AFP / Martin Bureau
Jérôme Kerviel à son arrivée au tribunal de Paris, le 4 juin 2012
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L'avocat-général a réclamé une peine exemplaire et dissuasive, avant de pilonner l'accusé, traité de pervers manipulateur Crédits : Mathieu Delahousse | Durée : | Date :
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"Votre décision devra se montrer exemplaire et dissuasive, n'en déplaise à tous ceux qui voient en Jérôme Kerviel une victime de la finance. (...) Il n'est victime que de lui-même"
, a dit l'avocat général dans son réquisitoire.

Sur l'aspect des dommages et intérêts, il a rappelé qu'il ne lui appartenait pas de se prononcer. Mais en l'état du droit, la cour ne peut qu'indemniser la partie civile à hauteur du montant du préjudice si celui-ci est avéré, a-t-il dit. La jurisprudence peut toutefois évoluer, a-t-il constaté.

Le procès se termine jeudi avec la plaidoirie de l'avocat du prévenu, David Koubbi, qui entend demander la relaxe au motif que la banque aurait connu les agissements de son employé et les aurait utilisés pour couvrir d'autres pertes.

Lundi, lors des plaidoiries des parties civiles, les avocats de la Société Générale ont demandé à la cour d'appel de confirmer la condamnation de l'ancien trader à lui payer 4,9 milliards de dommages et intérêts, une somme astronomique impossible à rembourser, une somme astronomique impossible à rembourser.

Il est reproché à l'ancien trader d'avoir pris à l'insu de sa hiérarchie pour des dizaines de milliards d'euros de positions spéculatives sur des indices boursiers, dissimulées par des opérations fictives, de faux courriels et des déclarations mensongères.

Jérôme Kerviel est poursuivi pour abus de confiance, faux et usage et faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque, des faits passibles pénalement de cinq ans de prison ferme et 375.000 euros d'amende. 

S'il n'a jamais nié avoir perdu le sens des réalités, le prévenu affirme en revanche que ses supérieurs savaient ce qu'il faisait et l'encourageaient même à prendre des risques.

Lors de son procès en appel, il est allé plus loin, en se disant victime d'une machination : la Société Générale l'aurait utilisé comme fusible pour masquer ses pertes dues aux "subprimes", les crédits hypothécaires américains à l'origine d'une crise financière mondiale en 2008. Cette théorie est qualifiée par la banque de totalement farfelue.

En première instance en 2010, Jérôme Kerviel, détenu durant trente-huit jours déjà pendant l'enquête, avait été condamné à cinq ans de prison dont trois ferme.

(Avec dépêches)

par La rédaction de RTLJournalistes RTL
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