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Bernard Thibault : "Oui, j'irai au bout de mon mandat !"

Le secrétaire général de la CGT répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin.

Bernard Thibault sur RTL le 7 février 2011
Bernard Thibault sur RTL le 7 février 2011 Crédit : RTL
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La rédaction numérique de RTL
et Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Bernard Thibault.

Bernard Thibault : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Vous avez été réélu à la tête de la CGT. en décembre 2009 pour un quatrième mandat de trois ans, il doit donc se terminer en décembre 2012. Vous irez jusqu'au bout de ce mandat, Bernard Thibault ?

C'est parti pour !

Oui ou non ?

C'est parti pour ! Oui effectivement.

On peut arrêter avant un mandat ?

Bien sûr.

Pourquoi je vous pose la question ? Parce qu'il y a dix jours, le journal "Le Parisien" racontait que le 21 décembre, le soir du 21 décembre, devant les huit membres du bureau exécutif de la CGT, réuni pour un séminaire dans l'Essonne, vous avez déclaré : "Je partirai à la fin de l'année, de l'année 2011, de manière à ce que mon successeur soit en place avant l'élection présidentielle". Et cette scène Bernard Thibault, a été confirmée par plusieurs journaux dans les jours suivants, "Le Monde", "Le Figaro", "Les Échos", qui citent tous, de manière anonyme, des membres du bureau exécutif de la CGT. qui disent avoir assisté à cette scène. Alors, cette scène a-t-elle existé, Bernard Thibault ?

Non, non, et je l'ai dit très clairement devant le comité confédéral national, qui était réuni la semaine dernière, c'est-à-dire les représentants, les départements, les fédérations professionnelles. Je fais une mise au point dans la journée même où cet article du "Parisien" est paru pour démentir très clairement...

Sans fondement, aucun fondement à cet article ?

Oui, oui...

Ces journaux relatent des témoignages, ils inventent donc la situation ?

Non, mais j'ai remarqué aussi qu'il n'y avait aucun témoignages nominatifs. Et bien, oui, ce genre d'article qui considère que selon un participant on peut vous assurer que ceci et que cela. Je l'ai démenti.

Les journalistes inventent ?

Je ne sais pas sur quoi a reposé cette rumeur. On a voulu manifestement installer une rumeur sur mon départ. Je l'ai démentie. Restons sur les choses sérieuses.

Et donc, vous irez jusqu'au bout de votre mandat décembre 2012 ?

A moins, selon nos procédures internes, que les représentants de nos organisations en décident autrement, j'ai été comme mes camarades, élu à peu près à hauteur de 90% pour un mandat de trois ans, les choses sont ainsi, à moins qu'on prenne une autre décision.

Votre volonté est d'aller jusqu'en décembre 2012 ?

Oui, oui, oui oui... Oui oui !...

Bon d'accord.

Sachant que nous n'avons pas encore fixé la date de notre congrès. Je vous le dis au passage. Je vous dis décembre 2012. Je ne sais pas...

Vous avez été élu en décembre 2009 pour trois ans, c'est vrai que l'échéance de décembre 2012 c'est logique.

C'est vrai que l'échéance normale, c'est 2012. Mais nous n'avons pas pris de décision sur le moment précis où le Congrès sera convoqué. Il est encore bien trop tôt pour le faire. On est à un an du dernier Congrès.

Il n'y a pas un mystère "Bernard Thibault" ? Le découragement, il n'y a pas quelque chose...

Non, non, je vous donne l'impression d'être découragé ?

Je ne vous vois pas assez pour le savoir...

J'ai le grand plaisir de me lever un peu plus tôt encore ce matin...

... Avec optimisme et envie ?...

Avec beaucoup d'optimisme et d'envie, mais aussi beaucoup de combativité, comme tenu de ce qu'est la situation aujourd'hui dans notre pays.

Les ports français sont perturbés, Marseille, Bretagne etc, depuis plusieurs semaines par des grèves consécutives. Un conflit avec le gouvernement sur la pénibilité. Sur cette antenne, Nicolas Bauby a fait état des problèmes de plus en plus importants que rencontrent par exemple les professionnels des filières animales pour alimenter leur bétail. Depuis octobre 2009, signale Nicolas Bauby, 200 jours de blocage dans les ports de Bretagne, dus à divers conflits. Que répondez-vous à ceux qui disent que la CGT qui a le monopole syndical dans les ports, les met en danger ?

On n'a pas un monopole syndical. Ce qui est scandaleux, c'est effectivement d'en être à cette situation. Il y a eu une négociation pendant de longs mois entre les employeurs, les représentants des personnels pour un accord de branche reconnaissant la pénibilité. Des métiers pouvant déboucher sur des départs anticipés dans cette profession. Un accord de principe avait été donné par l'ancien gouvernement - je parle de "l'ancien gouvernement", puisque c'est le gouvernement d'avant remaniement. Remaniement passant par là, on a une nouvelle version du gouvernement disant : "Plus question de mettre en oeuvre cet accord négocié entre les employeurs et les salariés". Et on s'étonne que les salariés en question, protestent pour ne pas voir mis en application un accord qu'ils avaient conclu avec leurs employeurs.

Vous ne pouvez pas trouver une porte de sortie ?

Et bien ça, il faut être deux pour avoir une porte de sortie.

Qu'est-ce que vous proposez ?

Que le gouvernement reconnaisse, parce que cette revendication, nous l'avons dit à propos du conflit des retraites, qui n'a pas, où la loi n'a pas reconnu la pénibilité des métiers, ça a été l'un des objets du litige très important qui nous amène d'ailleurs - je l'annonce - à reprogrammer une journée mobilisation nationale qui sera le 28 avril, "la journée internationale de la reconnaissance des accidentés du travail et des salariés atteints par les maladies professionnelles", pour en faire une journée de mobilisation pour "la reconnaissance des métiers pénibles".

Nous allons continuer, nous l'avons dit...

... Sur les ports ?

Non, non, je ne vous parle pas que des ports. Je vous parle de l'ensemble des filières.

Oui, j'ai compris. Sur les ports ?

Là, les salariés des ports sont plus mobilisés que d'autres puisque, comme je vous l'indiquais, ils avaient obtenu un accord, y compris des autorités politiques, pour une disposition propre au secteur professionnel.

Vous êtes conscient de l'affaiblissement économique des ports ?...

Tout le monde en est conscient.

200 jours de blocage depuis octobre 2009, il n'y a pas que l'accord sur la pénibilité qui entraîne le blocage...

Oui, mais je vous rappelle aussi qu'il y a eu des mouvements de grève liés aux mouvements de grève nationaux et interprofessionnels. Et les salariés des ports comme d'autres branches, étaient dans ces protestations, notamment lorsqu'il s'est agit de cette loi sur les retraites.

C'est beaucoup 200 jours de blocage, voire énorme. La CGT y a peut être une part de responsabilité.

Mais bien sûr. Personne ne peut s'en satisfaire. 

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, hier : "La situation syndicale dans les ports français est bien particulière. Depuis la libération, nous sommes, dit il, dans un syndicalisme unique, où ce sont les syndicats qui font l'embauche, à savoir la CGT. Au moment où il faut faire évoluer la situation, conclut il, vous avez un corporatisme qui met en difficulté les bassins économiques."

Oui il y a aussi des secteurs, où on interdit à la CGT de présence. Je crois que cette querelle intersyndicale n'a pas grand sens, y compris à Marseille.

Mais vous avez  le monopole d'embauche ? Vous en convenez ça ? Vous avez le monopole.

Il y a quelque temps, la CFDT avait des adhérents, si elle n'en n'a plus, ça n'est pas que de la responsabilité de la CGT.

Vous avez un monopole d'embauche, de fait ?

Non, non il n'y pas de monopole de fait. C'est pas tout à fait comme ça que les choses se pratiquent.

Vous niez un peu la réalité, là.

Non, non, je refuse de laisser croire, de laisser entendre que ce sont systématiquement le coût du travail parce que ça rejoint cette analyse plus globale, où en France, on voudrait nous faire admettre que tous les problèmes économiques sont liés aux standards sociaux dont les salariés bénéficient dans notre pays.

Michelle Alliot-Marie a pris au moins deux fois un avion privé pendant ses vacances. Il appartenait à un homme d'affaires tunisien. Il y a une polémique à son propos, qu'est ce que vous en pensez, Bernard Thibault ?

Là-dessus, sur l'utilisation d'un avion privé je dirais qu'elle a appliqué tout simplement la jurisprudence qui s'est installée très tôt et au plus haut niveau de l'état. Pour moi, ce n'est pas ça qui est le plus stupéfiant. C'est qu'un ministre du gouvernement puisse revendiquer qu'il y ait des périodes, étant ministre des affaires étrangères, où "on est en congé, donc pas ministre", et des périodes où on est "ministre et aux affaires".

Ca c'est une approche qui n'existe dans aucun gouvernement en France, où personne ne peut admettre et comprendre qu'un ministre des Affaires étrangères, dans une séquence aussi lourde du point de vue des événements internationaux, singulièrement en Tunisie, comme dans d'autres pays, elle ne puisse pas apprécier que tout son comportement, y compris en période de congés, soit susceptible de critiques.

Et au passage, j'indique que s'agissant des événements, nous organisons comme les syndicats au monde, demain des rassemblements devant les ambassades d'Egypte, dans la mesure où il faut soutenir, défendre le principe des libertés, notamment en matière de manifestations.

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Le secrétaire général de la CGT répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin.
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2011-02-07 10:55:00
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