Fraude au BTS : des étudiants ont manifesté

Des centaines d'étudiants franciliens de BTS ont boycotté dimanche un examen pour protester contre sa réorganisation en raison de "fraudes" massives, mais à leur grand dam il ne sera pas annulé, a prévenu le rectorat de Paris. Cette épreuve écrite de management et de gestion de deuxième année du BTS NRC (négociation et relation client), qui avait eu lieu en mai à Villepinte (Seine-Saint-Denis), avait été annulée par le ministère de l'Enseignement supérieur en raison d'"irrégularités impliquant un nombre suffisant de candidats". Des professeurs de BTS d'Ile-de-France avaient refusé de corriger l'épreuve pour dénoncer des "fraudes" massives (livres posés sur la table, "va-et-vient incessant aux toilettes", "corruption" de surveillants ou encore "usurpations d'identités"). L'exercice de cinq heures avait été reprogrammé dimanche matin à la maison des examens d'Arcueil.

Depuis le début de l'année 2011, des couacs, fraudes ou incidents ont émaillé la tenue de concours, examens ou évaluations
Crédit : AFP / Martin Bureau
Depuis le début de l'année 2011, des couacs, fraudes ou incidents ont émaillé la tenue de concours, examens ou évaluations

Plusieurs centaines d'étudiants, contestant cette décision, ont semé la pagaille en se regroupant devant les grilles en début de matinée. Selon eux, seuls "500 à 700" sont entrés pour passer l'épreuve.
  
Pour Edouard Husson, vice-recteur de l'académie de Paris, la moitié des 2.500 étudiants franciliens du BTS NRC, a planché. Et l'examen s'est passé "normalement", tous ceux qui voulaient participer ayant pu le faire. Aucune raison donc à ses yeux d'annuler l'épreuve, au grand dam des protestataires.

Il sera proposé au jury de ne pas éliminer les absents "pour donner une chance à ceux qui se sont enfermés dans une situation absurde", mais ils devront tous faire avec un zéro pointé dans une épreuve d'un coefficient 4, déterminante pour l'obtention du diplôme, a indiqué Edouard Husson.

"La police était là pour faciliter l'entrée des candidats qui le souhaitaient", a-t-il relevé. Devant le centre des examens d'Arcueil, des parents et étudiants affirment le contraire.

"J'ai passé le premier barrage à l'entrée, mais je n'ai pas pu accéder aux salles d'examen car des étudiants ont formé des chaînes humaines et bloquaient l'accès aux salles. Au bout d'une heure, des profs ou surveillants ont bloqué toutes les portes", témoigne une étudiante, Sandy Morancais, 20 ans. Elle a voulu déposer "une main courante" au commissariat de Cachan mais "le policier m'a dit qu'on était trop nombreux et qu'il n'y aurait pas de suivi judiciaire car c'était une décision politique", s'insurge-t-elle. "Je suis scandalisé. L'épreuve est apparemment en train de se dérouler alors que certains ne peuvent pas rentrer", déclarait auparavant Roland Gillemot, professeur d'EPS venu accompagner son fils.

A Villepinte, "il n'y avait pas assez de personnel et pas assez compétent pour surveiller ces jeunes. C'est une honte!", juge-t-il, adressant un "zéro pointé à Mme Pécresse", ministre de l'Enseignement supérieur. "Cette épreuve est éliminatoire. Ces jeunes assis sur le pavé, comment vont-ils être notés? On va leur donner zéro", s'inquiète Brigitte, mère d'une élève qui a pu passer l'épreuve et ne veut pas donner son nom.  Selon elle, il y a d'un côté "les intouchables" du bac S, dont un exercice a été annulé après des fuites sans que l'épreuve soit annulée, et les "laissés pour compte".

"Seuls les étudiants de BTS NRC ont été sanctionnés alors que tous les BTS ont passé leurs examens dans les mêmes conditions", déplore Madjid Guechati, qui fait passer aux étudiants une feuille pour attester de leur présence.

(avec AFP)

par La rédaction de RTLJournalistes RTL
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